L’éducation africaine en berne

FE047EF0-72A6-4075-A421-9780ABD3A799L’éducation envisagée comme formation est considérée comme étant l’art de former une personne,spécialement un enfant ou un adolescent,en développant ses qualités physiques,intellectuelles et morales,de façon à lui permettre d’affronter sa vie personnelle et sociale avec une personnalité suffisamment épanouie.Partant de cette base,il serait intéressant de confronter cette définition  à son application sur le continent africain.Pour ce faire,il nous faudra étudier succinctement les différents pans de cette éducation à savoir l’éducation préscolaire,l’enseignement primaire,l’enseignement secondaire(général et technique) et l’enseignement universitaire.

Il est connu que l’éducation des enfants en âge préscolaire a été reconnue comme un tremplin indispensable par les psychologues et les psychopédagogues.Selon ces derniers,c’est au berceau qu’il faut préparer les enfants à assumer leur future insertion sociale et leur capacité à agir sur leur environnement.La réalité est malheureusement tout autre.

Le taux brut de préscolarisation en Afrique est estimé à 22%.La faiblesse de ce taux nécessite que les acteurs réfléchissent à des stratégies visant à trouver des solutions idoines à ce sous -secteur de l’éducation.C’est dans ce sens que des programmes de sensibilisation ont été proposés par les différents États,en vue de résorber ce gap éducationnel.Mais ce qui devrait attirer notre attention,c’est plutôt le contenu du programme de cette éducation préscolaire.Pour les populations,particulièrement celles rurales,ce contenu est jugé ludique ,raison pour laquelle celles -ci n’y accordent pas d’importance.La réalité est malheureusement tout autre.En privant ces enfants d’éducation préscolaire,leurs parents leur ôtent la possibilité de prendre des initiatives dans le futur proche et donc leur autonomie en est atteinte.Il devient nécessaire que les différents États fassent de l’éducation préscolaire une obligation pour tout enfant étant en âge.Il serait judicieux d’adopter l’étude de Marcon qui consiste à fournir des données de suivi pour un groupe d’enfants issus de familles à faibles revenus.Il s’agit de préparer ces enfants pendant deux années en vue de la première année de primaire.Ces enfants connaîtront trois types de préscolaire :a)centré sur l’initiative et l’autonomie de l’enfant ,b)privilégiant l’instruction scolaire et c)une combinaison des deux approches.Cette étude a connu un succès patent à Madagascar où la combinaison de ces approches a permis d’augmenter les performances des enfants.Autre exemple à suivre étant celui de l’Ethiopie où le programme d’enfant à enfant a été mis en place par l’UNICEF.Ce programme repose sur l’esprit d’entraide entre voisins.Les enfants de première année de primaire aident ceux du préscolaire dans leur apprentissage.

En ce qui concerne l’enseignement primaire,l’éducation africaine rencontre de nombreuses difficultés.Dans ce cas figure,les États ont une très importante part de responsabilités dans le sens où le cadre intérieur des écoles demeure encore un facteur bloquant.En effet,en Afrique subsaharienne,la taille des classes dans les écoles primaires publiques peut atteindre jusqu’à 67,voire 80 élèves dans de nombreux pays.Sans compter que de nombreuses classes du primaire sont des classes multigrades,c’est à dire qui rassemblent deux,voire trois niveaux d’études.A cela s’ajoute l’insuffisance du nombre de manuels qui conduit plusieurs élèves à suivre le même manuel.Autre constat,étant celui du cadre en lui-même ,manque d’eau et d’électricité,pas de séparation des toilettes filles/garçons et salubrité des toilettes.Sans oublié l’effectif d’enseignants insuffisant compte tenu du nombre d’élèves qui ne cesse d’augmenter et les nombreux départs à la retraite d’enseignants.En Afrique du Nord,la situation est comparable à celle de l’Afrique subsaharienne,même si des pays comme le Maroc et la Tunisie font des efforts considérables en terme d’accès et de qualité de l’enseignement primaire.Il faut également noter des avancées sur le plan des infrastructures scolaires.Le fait que l’école primaire soit le pallier où la scolarisation se matérialise mérite que les pouvoirs publics injectent davantage de ressources financières.Ces dernières permettront aux élèves d’avoir accès à des manuels en quantité suffisante,d’éviter la surcharge des salles de classe,de rémunérer décemment les enseignants,d’offrir une collation à chaque enfant.Il est important aussi que la notion du contenu des enseignements soit revue.Le contenu des programmes ne doit plus être calqué sur des paradigmes occidentaux.Celui-ci doit refléter les réalités de l’Afrique dans son ensemble.

Le secondaire pour son compte comprend l’enseignement secondaire général et la formation professionnelle .En ce qui concerne l’enseignement secondaire général,les résultats positifs de celui -ci dépendront préalablement de la réussite l’éducation primaire.Hormis cette dépendance,ce sous secteur rencontre également des difficultés qui lui sont propres.Il s’agit de la faiblesse des taux d’inscription et d’achèvement ,la faiblesse de la couverture éducative,le contenu de programmes scolaires inadaptés aux besoins nouveaux de la société (changements structurels et économiques),l’insuffisance de ressources financières affectées à ce sous-secteur.Encore une fois,l’Etat doit jouer son rôle de protecteur en affectant les ressources financières nécessaires à la bonne marche de ce sous-secteur.Là également le contenu  des enseignements doit être adapté aux défis actuels et futurs du continent africain.Écoles Au Sénégal (EAS) est une initiative à saluer dans la mesure où celle-ci est une plateforme web et mobile visant à aider les candidats libres et les internautes à avoir accès aux meilleurs contenus des programmes scolaires sous format vidéo gratuitement .

Dans la formation professionnelle,un renfort d’équipements techniques pour la pratique et la focalisation sur les disciplines techniques et scientifiques sauront booster ce sous secteur.Il faudrait aussi démembrer la formation professionnelle de l’enseignement secondaire.Ceci permettra de concentrer les formations techniques sur un apprentissage pratique dans un espace strictement consacré à cet effet et avec les équipements susceptibles de rendre cet apprentissage plus efficace.L’exemple du Rwanda mérite d’être suivi ,un camp de formation à la robotique a été initié dans le but de promouvoir la formation en matière de sciences et de technologies.Le « Robotics Camp Rwanda 2018»a permis à de jeunes rwandais de bénéficier des enseignements d’étudiants en ingénierie de l’institut de technologie du Massachussets.

L’enseignement universitaire ou enseignement supérieur a également son lot de difficultés résultant de sa position défavorable actuelle.Ces difficultés sont liées à la qualité et  à la pertinence des enseignements offerts et aussi à la faiblesse des ressources financières mobilisées.Malgré la volonté de pays francophones tels que le Burkina Faso,le Cameroun,le Sénégal et le Maroc,à entreprendre des réformes de leurs cadres de gouvernance,ce sous-secteur peine toujours à prendre son envol.Il faut augmenter les capitaux affectés à ce sous secteur et créer les conditions  permettant aussi aux étudiants de s’insérer avec facilité dans la vie professionnelle.

Il existe une interaction entre les sous secteurs de l’éducation,chacun d’entre eux mérite un traitement particulier dans le respect de leur l’autonomie afin que chaque secteur soit efficient.

#educationdabord #educationpourtous #educationforthefuture

http://books.openedition.org/irmc/717?lang=fr

https://journals.openedition.org/cres/109

Cliquer pour accéder à ENS_SECONDAIRE1.pdf

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